DIAGNOSTIC GÉNÉTIQUE PRÉ-IMPLANTATOIRE

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Le diagnostic génétique préimplantatoire est une technique diagnostique se réalisant pendant un traitement de Fécondation in vitro et qui permet de tester génétiquement et chromosomiquement les embryons et ainsi de sélectionner les embryons sains avant leur transfert.
Cette méthode évite la gestation d’un enfant génétiquement ou chromosomiquement affecté et par conséquent aux parents de prendre la décision souvent difficile de recourir à l’avortement thérapeutique.

Qu’est-ce que l’étude chromosomique ou d’aneuploïdes ?

Les chromosomes sont des paquets d’DNA qui gardent l’information génétique (les gènes). Chaque cellule de l’embryon doit avoir 2 paires de chaque chromosome (1 paire de chromosomes sexuels XX ou XY et 22 paires d’autosomes ou chromosomes non sexuels), au total 23 paires de chromosomes.
Le DGPI pour aneuploïdes étudie la dotation chromosomique de l’embryon et détecte si le nombre de chromosomes de l’embryon est correct ou non.
La grande majorité des embryons présentant des anomalies chromosomiques (embryons avec un chromosome en plus ou en moins) soit ne donnent pas lieu à la grossesse soit conduisent à un avortement. Seul un petit pourcentage d’embryons présentant des anomalies chromosomiques peut être évolutif mais donne souvent lieu à un enfant souffrant de pathologie.
Le DGPI peut donc s’avérer d’une grande utilité pour les patientes qui consultent les centres de stérilité, augmentant la possibilité d’une grossesse et diminuant les risques de fausse couche et donc les risques liés à la pratique d’un avortement thérapeutique.
Actuellement, le DGPI permet d’étudier jusqu’à 9 chromosomes. Avec la combinaison de chromosomes que peut offrir l’Institut Marquès, 85% des anomalies chromosomiques les plus communes peuvent être décelées (anomalies décelées lors de fausse couche durant le premier trimestre ou chez les enfants nés affectés de pathologie). Il est donc possible d’écarter la trisomie 21 causée par un chromosome 21 en plus dans chaque cellule, le syndrôme de Turner (Monosomie X) causé par l’absence de chromosome X dans chaque cellule, le syndrôme d’Edwards (trisomie 18) causé par un chromosome 18 en plus dans chaque cellule...etc

Qui en sont les bénéficiaires ?

Une hausse considérable des anomalies chromosomiques a été observée dernièrement  auprès de :

1- Femmes âgées de plus de 36 ans
2- Patientes stériles ayant déjà réalisé deux cycles de fécondation in vitro sans avoir de grossesse.
3- Patientes ayant déjà subit deux avortements ou plus.
4- Patiente ayant subit un avortement dont le caryotype était altéré.
5- Patiente dont le partenaire masculin souffre d’oligozoospermie sévère ou d’azoospermie non obstructive.
6- Patientes avec meiose pathologique ou FISH
7- Patientes dont le caryotype est altéré (porteuses de réorganisations chromosomiques).

 

Quels sont les risques liés à l’âge ?

Le risque d’anomalie chromosomique augmente à mesure qu’avance l’âge maternel. Cela est dû à un vieillisssement de la réserve ovarique qui peut entraîner une mauvaise répartition des chromosomes lors de la division cellulaire.

La grande majorité des embryons chromosomiquement altérés achèvent leur développement avant leur implantation ou durant le premier trimestre de grossesse. Une grande partie de ces embryons soit ne donnent pas lieu à une grossesse soit donnent lieu à une fausse couche.

Peu d’altérations chromosomiques sont compatibles avec la vie. Le risque d’avoir un enfant affecté d’une anomalie chromosomique est de

- 1/385 à 30 ans
- 1/179 à 35 ans
- 1/63 à 40 ans
- 1/19 à 45 ans.

Comment peut-on bénéficier du DGPI ?

La sélection des emryons selon les critères morphologiques utilisés dans le laboratoire de fécondation in vitro ne permet pas de différencier les embryons chromosomiquement normaux de ceux qui sont affectés. Il est donc possible que soient transférés des embryons qui ne sont pas évolutifs chromosomiquement. Le DGPI permet donc de sélectionner les embryons normaux avant leur transfert augmentant ainsi considérablement les taux de possibilité de grossesse et réduisant le risque de fausse couche.

Le DGPI peut-il se réaliser lorsqu’on a un caryopyte altéré ?

On estime qu’un individu sur 625 est porteur d’une translocation chromosomique équilibrée. Ces individus ont toute l’information génétique mais disposée de façon altérée (exemple : un morceau de chromosome se casse et s’unit à un chromosome et inversement). Quand il n’y a ni perte ni gain de matière chromosomique, on parle alors d’une translocation dite équilibrée et il s’agit généralement d’individus sains.
Une proportion très élevée des embryons provenant de patients porteurs d’une translocation équilibrée présente des anomalies chromosomiques compatibles ou non avec la vie empêchant alors une grossesse ou donnant lieu à un avortement ou à la gestation d’un enfant affecté. Le DGPI pour l’étude de translocations permet donc de sélectionner les embryons « normaux ou équilibrés » et ainsi d’écarter les embryons « déséquilibrés ».


Qu’est-ce que l’étude génétique ou étude des maladies monogéniques ?

Cette technique est réalisée au moyen de techniques complexes de biologie moléculaire qui permettent l’analyse des embryons porteurs de maladies monogéniques. Les personnes ayant un parent porteur d’une maladie monogénique ont un risque élevé de la transmettre à leurs descendants et ont peu d’options reproductives : l’adoption, un traitement de fécondation in vitro avec don de sperme ou d’ovules ou encore peuvent « risquer » de concevoir un enfant atteint de la maladie et choisir l’avortement thérapeutique ou opter de ne pas avoir d’enfant. Le DGPI permet d’avoir l’enfant sans lui transmettre la maladie génétique.

Qu’appelle-t-on les maladies monogéniques ?

Les maladies monogéniques proviennent de l’altération ou de la mutation d’un gène spécifique de la personne affectée. Les maladies monogéniques peuvent se traduire par une fibrose kystique, une anémie des cellules falciformes, la maladie de Tay Sachs, une dystrophie myotonique ou la dystrophie musculaire de Duchenne pour n’en citer que quelques unes.

Il existe différents types de maladies monogéniques :

- Autosomiques : le gène affecté est situé dans les chromosomes non sexuels
- Autosomique récessive: 25% de la descendance est affectée par la maladie (ex : fibrose kystique, sickle cell anémie, talassémie, phénylcétonurie, aminoacidopathies métaboliques, etc...)
- Autosomique dominante: 50% de la descendance est affectée par la maladie (ex : Huntington, dystrophie myotonique, Marfan, prédisposition au cancer (neurofibromatose type I, Von Hippel Lindau, Li-Fraumeni, APC, etc...)

- Liées au sexe : Le gène affecté est situé dans les chromosomes sexuels
- Récessive liée au sexe: Losrqu’elle est associée au chromosome X, 25% de la descendance féminine et 50% de la descendance masculine est affecté par la maladie.
Lorsqu’elle est associée au chromosome Y, 50% de la descendance féminine et 100% de la descendance masculine est affecté par la maladie.
(Ex : Hémophilies A et B, dystrophie musculaire de Duchenne, Lesch-Nyhan, syndrome de Hunter, déficiences en G6PD, maladie de Kennedy, etc...)
- Dominante liée au sexe : 50% de la descendance est affecté par la maladie
(Ex : syndrome de fragile-X, hypophosphatémie, incontinence pigment, Charcot-Marie-Tooth associé au chromosome X, syndrome de Alpont, etc...).

Qui en sont les bénéficiaires ?

Tous les patients porteurs d’une maladie génétique. Le DGPI est réalisable pour pratiquement toutes les maladies génétiques lorsqu’on connaît la mutation, le gène associé et le chromosome dans lequel le gène est situé. Les maladies les plus communes sont :

- Fibrose kystique
- Beta talassémie
- Dystrophie musculaire de Duchenne
- Syndrôme de fragile-X
- Hémophilies A et B
- Maladie de Huntington
- Tay-Sachs
- Atrophie musculaire épinière
- Anémie des cellules falciformes
- Dystrophie myotonique
- Maladie de Gaucher
- Syndrome de Marfan
- Neurofibromatose Type I
- Rétinopathie pigmentaire
- Etc...

Questions fréquentes du Diagnostic Génétique préimplantatoire:

Comment est réalisé le Diagnostic Génétique préimplantatoire ?

Les embryons obtenus par la fécondation in vitro sont mis en culture jusqu’à leur troisième jour de vie et ont alors entre 6 et 8 cellules. Toutes ces cellules sont dans un premier temps égales génétiquement. Un orifice est réalisé dans la membrane externe (zone appelée pellucide de l’embryon) et une cellule est extraite pour être analysée. L’embryon se transfère un jour après.

Cette technique peut-elle abîmer l’embryon ?

Il s’agit d’une technique très sophistiquée réalisée par des biologistes experts qui n’affecte pas l’évolution de l’embryon.

Tous les chromosomes de l’embryon sont-ils analysés ?

Non. L’embryon possède 23 paires de chromosomes et certains sont tellement importants que son altération empêche les divisions initiales de l’embryon. Les 5 chromosomes qui sont le plus fréquemment affectés son :13, 18, 21, X et Y. A l’Institut Marqués un total de 9 paires de  chromosomes sont actuellement étudiés ce qui permet d’étudier jusqu’à 85% des anomalies les plus communes.

La pratique du diagnostic génétique préimplantatoire augmente-t-elle les possibilités de grossesse ?

Oui car celui-ci nous permet de ne transférer à la patiente que les chromosomes génétiquement et chromosomiquement normaux. La probabilité d’implantation de ces embryons est élevée.

Le diagnostic génétique préimplantatoire réduit-il les probabilités d’avortement ?

Oui car la majorité des fausses couches est dûe à des altérations génétiques.

Le diagnostic génétique préimplantatoire évite-t-il des grossesses avec des anomalies chromosomiques ?

Oui, sont évitées les grossesses avec des anomalies chromosomiques uniquement pour les chromosomes étudiés, par exemple la trisomie 21.